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Chronique #3 - Comment fait-on rentrer une poire dans une bouteille d'eau-de-vie ?

Vendredi 17 octobre 2014, 19:27 (par guilhem)

Pourquoi la vie ? Pourquoi la mort ? L'œuf ou la poule ? Chaque semaine, une réponse à une nouvelle question existentielle !


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Dans un but purement décoratif, certaines bouteilles d'eau-de-vie contiennent parfois un fruit au fond du récipient – prenons l'exemple d'une poire. Vous vous êtes alors très certainement posé la question suivante : mais comment a-t-elle bien pu arriver là ?

Première hypothèse, peu convaincante : on l'a forcée à rentrer par le goulot. Idéal si l'on souhaite faire de la compote, mais pas vraiment adapté à notre eau-de-vie. Une autre explication, parfois avancée à tort, est que l'on a soufflé la bouteille autour du fruit. Impensable également : pour travailler le verre, il faut le chauffer à environ 500 °C. On obtient alors une bulle que l'on va souffler dans un moule, pour lui faire prendre la forme de bouteille. Essayez donc de faire rentrer une poire à l'intérieur : la pauvre va finir carbonisée !

La solution est un peu plus subtile que cela. Il faut remonter quelques mois avant la récolte du fruit, au printemps, lorsque les fleurs du poirier sont pollinisées par les insectes. Une fois fécondées, des mini-poires apparaissent au bout de quelques jours. C'est à ce moment qu'il faut agir, car le fruit est suffisamment petit pour passer le goulot de la bouteille : la manipulation consiste à l'accrocher à la branche, autour de l'embryon de fruit. La poire va donc grandir à l'intérieur du récipient, et une fois mûre, il suffit de couper sa tige. On obtient alors une bouteille avec une poire à l'intérieur. Malin, non ?

Une question pourrait maintenant vous venir à l'esprit : la bouteille ne gêne-t-elle pas le développement de la poire ? En fait, non, pourvu qu'elle soit suffisamment grande. Pour se développer, la poire n'a besoin que de lumière, l'eau étant apportée par la sève de l'arbre. La bouteille étant transparente, et ne filtrant que très peu les rayons du soleil, cette condition est remplie. En plus, le récipient joue aussi le rôle de protecteur, évitant au fruit d'être attaqué par les insectes. Sympa, non ?

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode, et d'ici là, souvenez-vous : l'alcool reste à consommer avec modération. Alors n'abusez pas de la bouteille !

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Chronique #2 - Pourquoi les Mayas annonçaient-ils la fin du monde en 2012 ?

Vendredi 10 octobre 2014, 19:08 (par guilhem)

Pourquoi la vie ? Pourquoi la mort ? L'œuf ou la poule ? Chaque semaine, une réponse à une nouvelle question existentielle !


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La fin du monde… S'il y a bien un évènement qui hante l'humanité depuis la nuit des temps, c'est celui-ci. Chacun y va de sa prédiction ; la dernière en date, on s'en souvient, est celle du 21 décembre 2012, par la civilisation Maya. Tiens donc ! Et pourquoi les Mayas annonçaient-ils la fin du monde en 2012 ?

Il s'agit en fait d'une complexe histoire de calendrier. Les Mayas en avaient deux : le Haab, calendrier standard de 365 jours et 19 « mois, » et le Tzolkin, calendrier religieux de seulement 13 « mois » de 20 jours chacun, donc au total de 260 jours. Une date maya est la combinaison de ces deux systèmes. Cela donne : jour du mois Tzolkin puis jour du mois Haab, comme 4 Ahau 8 Cumku.

Avec cette combinaison de calendriers, il faut attendre 52 ans pour que les dates mayas se répètent – cela pourrait correspondre à nos « siècles. » D'où un petit inconvénient du système : passé 52 ans, on se retrouve avec les mêmes dates qu'auparavant ! Pour s'y retrouver, les Mayas tenaient en parallèle un autre « supercalendrier » de 1 872 000 jours, appelé compte long, qui vient compléter la date. La forme complète est donc : compte long, suivi du jour du mois Tzolkin puis jour du mois Haab. Le compte long est un système complexe basé sur la durée supposée d'un monde : un peu plus de 5 000 ans. Nous vivrions dans le 5ème de ceux-ci, les 4 précédents ayant été détruits par des catastrophes. L'actuel aurait commencé le 11 août 3114 avant Jésus Christ, et aurait dû se finir, devinez quand… le 21 décembre 2012 !

Voilà donc l'origine de cette croyance… qui a tout de même été légèrement extrapolée. Et oui, si vous avez bien suivi, vous avez remarqué que les Mayas parlaient de la fin d'un monde, et non pas du monde. Celui-ci devait en effet renaître pour un nouveau cycle de 5 000 ans. D'autre part, les dates évoquées jusqu'ici sont le fruit de travaux de chercheurs ayant cherché à établir une correspondance entre les calendriers Mayas et le nôtre. Elle est appelée corrélation GMT. Même si elle est couramment admise par la plupart des spécialistes, la corrélation GMT ne fait pas l'unanimité. Ainsi, certains scientifiques placent la prédiciton Maya environ 208 ans après le 21 décembre 2012. Difficile de savoir en fait...

Si notre civilisation vient à disparaître, ce serait plutôt du fait d'un manque de ressources que d'une immense catastrophe. Rendez-vous la semaine prochaine, enfin… si on est toujours là !

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Chronique #1 - pourquoi voit-on des mirages quand il fait chaud ?

Vendredi 3 octobre 2014, 17:59 (par guilhem)

Pourquoi la vie ? Pourquoi la mort ? L'œuf ou la poule ? Chaque semaine, une réponse à une nouvelle question existentielle !


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Vous en avez tous fait l'expérience : quand il fait chaud, on voit parfois comme des flaques d'eau sur le sol – bref, des mirages quoi. Et quand on s'en approche, la surprise est digne de celle des Dupont dans Tintin au pays de l'or noir : elles disparaissent aussitôt ! Alors ? Pourquoi voit-on des mirages lorsqu'il fait chaud ?

La clé du phénomène s'appelle la réfraction. Prenons un exemple : lorsque vous plongez un bâton dans l'eau, vous remarquez comme une cassure au niveau de la surface. Comme si le bout de bois avait changé de forme dans le liquide. Cet effet d'optique est lié à l'indice de réfraction de l'eau, qui est différent de celui de l'air. En fait, à chaque changement d'indice de réfraction, les rayons lumineux sont déviés – on dit réfractés. D'où notre bâton qui semble brisé.

En particulier, cette propriété change avec la température. Ainsi, l'air chaud a un indice de réfraction plus faible que celui de l'air froid. Par temps ensoleillé, une nappe d'air chaud se dégageant du sol dévie le trajet de la lumière, exactement comme pour notre bâton précédemment. On a donc l'impression de voir les objets ou le ciel, si l'horizon est dégagé, se refléter sur le sol. Et comme notre cerveau pense que la lumière voyage toujours en ligne droite, la seule explication valable pour lui est qu'une flaque d'eau se trouve là et fait réflexion. L'effet étant lié à la distance, l'eau semble s'évaporer quand on s'en approche.

Ainsi, les mirages sont une combinaison d'un effet d'optique lié à l'air chaud proche du sol et d'une illusion créée par notre cerveau. Mais peut-on imaginer l'inverse ? Pourquoi pas des mirages lorsqu'il fait froid ? Et bien ça existe ! Le principe est inversé : une nappe d'air froid se dégageant du sol courbe les rayons lumineux dans l'autre sens ! Ce phénomène s'appelle le mirage supérieur, car cette fois-ci, c'est le sol qui se réfléchit dans le ciel. Et ça peut donner des visions surréalistes, comme un pétrolier qui semble flotter à l'envers dans les airs, ou encore une île qui paraît se détacher du sol. Une petite recherche sur internet saura vous en convaincre. Reste que le mirage supérieur est plus rare sous nos latitudes, car il nécessite un sol très froid, comme une banquise par exemple, ce qui manque un peu chez nous…

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel épisode, et d'ici là, gare aux mirages !

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Aïe, mes oreilles !

Mercredi 18 juin 2014, 20:26 (par guilhem)

Avec l'essor du streaming, la musique s'écoute de plus en plus par internet, et la plupart du temps en MP3. Cependant, il ne faut pas oublier que cette technologie dégrade la qualité du son. Jusqu'à quel point ? Je vous propose aujourd'hui une petite expérience sur ce format de fichier mal-aimé des mélomanes...

image : /images/blog/son.gif

L'expérience

Voici cinq extraits musicaux d'une même chanson - pour les curieux, il s'agit de Pendentif, Jerricane. Le premier est au format wave, extrait tel quel du disque ; les suivants sont progressivement compressés en partant de 320 kbps pour arriver à 64 :

- Wave
- MP3 320 kbps
- MP3 256 kbps
- MP3 128 kbps
- MP3 64 kbps

Pour obtenir les meilleurs résultats possibles, je vous recommande vivement de vous munir d'un casque audio de bonne qualité. Pour ma part, j'ai utilisé un Beyerdynamic DT 77O Pro, accessoire fréquemment rencontré en studio d'enregistrement, et réputé pour sa qualité. N'espérez pas obtenir un vrai résultat avec de pauvres écouteurs intra auriculaires !

De plus, il est conseillé de se lancer dans l'expérience l'oreille reposée. La finesse de la perception n'en sera qu'accrue.

Le but du jeu est de noter les différences entre chaque version de l'extrait. Vous pouvez même aller plus loin en lançant les pistes en lecture aléatoire, et tenter de deviner le débit à l'oreille (on ne triche pas en regardant le nom !).

Alors, verdict ?

Il y a fort à parier que le wave et le MP3 320 kbps sonnent exactement pareil dans vos oreilles. Pour ma part, je n'ai pas pu constater de différence entre les deux sur ce morceau précis. Pour le 256 kbps, je ressens tout juste une légère baisse de la dynamique sonore.

En revanche, dès le 128 kbps, le manque de qualité se fait sentir. En particulier, vous noterez que le son des cymbales est fortement écorné, et que l'ensemble manque de coffre. Arrivé au 64 kbps, le son devient sourd, et la compression est clairement perceptible.

La compression en MP3 s'attaque d'abord aux sons les plus aigus. Elle commence par en supprimer une partie - tout ce qui se trouve au-dessus de 15 kHz est irrémédiablement perdu - et ceux qui restent s'en trouvent abîmés. Voilà pourquoi l'effet est particulièrement bien audible sur les sons de cymbales. L'attaque est moins nette, et la durée de résonance du son est plus courte, car endommagée.

Finalement, pour la plupart des morceaux, le MP3 avec un débit de 320 kbps est suffisant. Je n'ai pu qu'en de rares occasions constater une dégradation, et encore, cela ne concernait que quelques notes très aigües sur des morceaux très particuliers. Vous pouvez même descendre jusqu'au 256 kbps, si le côté « compressé » (sonorement parlant, cf. plus haut) ne vous gêne pas. En revanche, pour des taux de compression plus importants, le manque de qualité s'en ressent.

Et les radios, comment font-elles ?

Il vous faut savoir tout d'abord que la FM supprime les fréquences les plus aigües, comme le ferait la compression en MP3. Ainsi, les sons de plus de 15 kHz sont supprimés, faute de place, fréquentiellement parlant.

Du coup, l'intérêt de stocker la musique en wave est limité. Cependant, certaines le font - Radio Néo par exemple - pour une raison simple : éviter les compressions successives du son, qui l'endommagent encore plus.

Car la plupart du temps, le transport du flux audio jusqu'à l'émetteur analogique se fait via des réseaux IP, donc en « streaming » impliquant une compression ! En l'occurrence, c'est le format MP2 qui est utilisé, avec un débit de l'ordre de 256 kbps. Le choix de ce format par rapport au MP3 est dû à sa rapidité d'encodage et de décodage, évitant de trop fortes latences, et à sa compression moins agressive - mais avec un ratio logiquement moins important.

Fort logiquement, de nombreuses radios stockent leurs musiques au format MP2 avec un débit de 256 kbps, ce qui est tout à fait acceptable. Ce qui l'est moins, c'est l'origine de la musique, qui est parfois simplement récupérée sur YouTube ou d'autres sites du genre. Il n'est donc pas rare d'entendre dans son poste de radio du son fortement endommagé, pour le plus grand malheur de nos oreilles...

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Au secours, Grub me rend fou !

Lundi 21 avril 2014, 20:43 (par guilhem)

Amis linuxiens, nous allons étudier aujourd'hui LE programme indispensable à tout système GNU/Linux : Grub, l'amorceur universel. Nous allons voir en particulier comment booter depuis la ligne de commande du programme...

Passer en ligne de commande

Pour passer en ligne de commande sous Grub au démarrage de la machine, attendre quelques instants que le menu s'affiche, et appuyer sur la touche C. Vous arrivez alors sur une interface façon shell, où vous pouvez saisir des commandes. Attention, le clavier est en qwerty !

Comment démarre Linux ?

Pour bien comprendre la suite, il est nécessaire de vous expliquer le démarrage du noyau Linux. Lorsque Grub doit charger un système d'exploitation, il va chercher deux éléments : le initrd et l'image du noyau. Le premier fichier correspond à une image de la RAM telle qu'elle doit être initialisée au démarrage. Elle offre alors un système extrêmement minimal, dont le but va être de lancer l'image noyau correspondante. Le système est amorcé.

Il faut donc donner deux paramètres à Grub : l'emplacement de l'image à charger, et celui du initrd. Pour booter, Grub va alors copier en mémoire RAM le contenu du fichier initrd, en lui passant le chemin vers le fichier d'image à charger. Le initrd va ensuite lancer cette image.

Allons-y, bootons !

La première commande fondamentale, vous la connaissez sûrement : c'est le ls ! En tapant simplement ls dans le prompt s'affiche la liste des partitions reconnues par Grub. Vous obtenez quelque chose de la forme :


grub> ls
(hd0) (hd0, msdos1) (hd0, msdos2) (hd1) (hd1, msdos1) (hd1, msdos2)

Les noms peuvent légèrement différer chez vous. Nous voyons ici que nous avons deux disques (hd0) et (hd1), avec sur chaque disque deux partitions :

- (hd0, msdos1) et (hd0, msdos2) sur le disque (hd0)
- (hd1, msdos1) et (hd1, msdos2) sur le disque (hd1)

Il est possible aussi de faire un ls sur une partition, pour en voir le contenu :


grub> ls (hd1, msdos1)/
grub initramfs-linux-fallback.img initramfs-linux.img vmlinuz-linux

Encore une fois, les noms peuvent un peu différer. Notamment, il est possible que vous ayez plusieurs images en même temps. Dans mon cas, le fichier initrd se nomme initramfs-linux.img, et l'image du noyau est le fichier vmlinuz-linux.

Nous allons commencer par dire à grub sur quelle partition se trouvent les fichiers à charger. Pour cela, il faut affecter son nom à la variable root :


grub> root=(hd1,msdos1)

Ensuite, il faut spécifier le fichier du noyau à lancer. Cela se fait au moyen de la commande... linux ! Essayons :


grub> linux /vmlinuz-linux root=/dev/sdb2

Notez le paramètre root dans la ligne de commande, spécifiant au noyau linux quelle partition monter en /. Le nom de celle-ci suit cette fois-ci les conventions propres à Linux (donc /dev/sd*).

Enfin, il faut spécifier à Grub le chemin vers le fichier initrd à copier en mémoire RAM.


grub> initrd /initramfs-linux.img

Et à présent, le système peut démarrer.


grub> boot

Normalement, vous devriez voir votre noyau démarrer.

Et grub-rescue ?

Je préfère anticiper, et vous dire deux mots sur grub-rescue avant de voir arriver les questions en rafale ;-)

Grub est composé en fait de deux parties distinctes : le « pré-amorceur » (ce n'est pas le terme officiel) et le programme proprement dit. Le pré-amorceur se trouve sur les 512 premiers octets du disque dur (MBR), et ne doit donc pas dépasser cette taille. Ses fonctionnalités sont donc très limitées, et la plupart du temps, il se contente de charger le programme complet, qui se trouve sur la partition /boot du disque.

Cependant, il peut arriver parfois que le pré-amorceur ne trouve pas le programme complet, pour des raisons diverses (partition supprimée, ...). Dans ce cas, il passe en mode rescue, et propose un invite de commandes minimaliste. Ou plutot ultra minimaliste. Comprenez bien, vous n'avez que quatre commandes : le ls, set et unset, et insmod.

Vous comprenez alors aisément qu'il n'est pas possible de réaliser les manipulations décrites dans le grub-rescue. Et de toute façon, ce n'est pas sa vocation : son but est de pouvoir diagnostiquer pourquoi il n'est pas possible de charger le programme complet...

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